Visualisez votre sortie d'aquarium pour surfer sur la vague

Publié le 15 Novembre 2016

Êtes-vous plutôt carpe, carpe koï, requin ou dauphin ?

Êtes-vous plutôt carpe, carpe koï, requin ou dauphin ?

Bienvenue dans notre visite aquatique du coaching bref orienté exploration.

Au rayon des clichés du coaching, prenons l'image du BOCAL.

Telle une piscine à débordement qui donnerait sur la mer, notre bocal serait notre prison mentale qui nous maintiendrait en zone de confort, nous empêchant d'explorer véritablement le champ des possibles et au-delà, la zone de magie. Les injonctions sont claires : pour un avenir meilleur, "Get out the box !"

OK, mais quel est votre projet ?

 

Quelles sont les chances de survie de Bubulle, l'explorateur du champ des possibles ?

Quelles sont les chances de survie de Bubulle, l'explorateur du champ des possibles ?

Tout est question de vision et de stratégie.

Prenons l'exemple de Bubulle, un poisson rouge intrépide. Lassé des commérages de ses congénères, Bubulle vient de faire le grand saut, comme d'autres peuvent parfois claquer la porte, démissionner sur un coup de tête ou prendre le premier train pour Maubeuge en quête d'un avenir meilleur.

Pour l'heure, il plane, soulagé d'avoir quitté ce bocal trop étroit. Mais où va-t-il atterrir ? Comment a-t-il préparé son projet, peut-il réussir seul ou ne devrait-il pas compter sur l'intelligence collective ?

Paru dans les années 1990, le livre de Dudley Lynch et de Paul L.Kordis, La stratégie du dauphin, remporta un succès colossal et influença les pratiques de management en valorisant la mise en oeuvre de stratégies collaboratives exigeantes et élégantes qui visent à repousser les frontières du possible, pour permettre à tous ceux qui travaillent ensemble de façon souple et volontaire de s'inscrire avec succès dans les vagues toujours plus rapprochées et plus fortes du changement.

Dudley Lynch et Paul L. Kordis, formés aux Spirales dynamiques proposent via leur métaphore de distinguer différents systèmes de fonctionnement :

  • Les carpes
  • Les requins
  • et les dauphins.

 

Les carpes, convaincues de vivre dans un monde de pénurie et certaines de ne pas disposer des ressources pour gagner, restent hors du jeu : elles veulent éviter de perdre, afin que la situation, qui ne saurait s'améliorer, ne se dégrade simplement pas trop. Pour éviter l'échec, la responsabilité et l'apprentissage qui en découleraient, elles choisissent de se sacrifier et pratiquent une stratégie de désengagement qui les empêche d'apporter une quelconque contribution positive et d'exploiter ainsi un effet de levier efficace. Dans le triangle dramatique de Karpman, les carpes errent dans la zone des victimes impuissantes soumises aux agressions des requins. Co-dépendantes, elles jouent aussi occasionnellement le rôle du sauveur, jusqu'à ce que la personne prétendument sauvée, et ulcérée d'avoir été perçue comme incompétente, se retourne contre elles et les rendent à leur statut de victimes au bon coeur.

Les requins, convaincus eux aussi de vivre dans un monde de pénurie, jouent tous comme les carpes à des jeux finis, mais évoluent entre deux eaux. Ils sont déterminés à piller les petites carpes du fond du bassin et les les petits requins qui n'ont fait leurs preuves. Ils ne s'associent à leurs congénères qu'en dernier recours, lorsqu'ils ne peuvent pas les vaincre. Chantres inlassables des bienfaits de la compétition, ils pratiquent l'arnaque avec art, créent la confusion, manient le déni, sniffent leur dose de narcissisme et enfument à tour de bras. Surtout, le requin veut tout contrôler, et afin de forcer carpes et petits requins à entrer dans son jeu, il crée artificiellement des crises au détriment de son authenticité et de ses émotions. Toute ressemblance avec des personnes de votre environnement professionnel existant ou ayant existé serait purement fortuite. C'est l'avantage de la métaphore filée en contexte aqueux.

Avec les prédateurs, persécuteurs classiques du triangle dramatique, la stratégie de la Mainmise est un must, mais qui ne peut être maintenue durablement : une fois les carpes écaillées et les autres requins épuisés, les ressources viennent à manquer et les concurrents qui s'approchent s'avèrent parfois très coriaces. 

C'est à ce moment-là que le requin fait évoluer sa stratégie vers un axe défensif : il recherche temporairement le compromis. Même si les requins affirment avoir conclu un marché "gagnant-gagnant", aucun d'entre eux n'est satisfait du résultat et chacun se prépare à remettre en cause le deal.

Le dauphin, pour sa part, considère le bocal d'un autre oeil que ses compagnons. Convaincu que tout est question de choix et d'utilisation des ressources, il s'appuie sur la réalité, tient compte des conséquences de ses actes et souhaite "une victoire élégante et éclatante pour chacun de nous" sans pour autant se laisser bouffer le plancton sur le dos.

Ses règles sont simples : 

  • avoir une vision d'avenir qui influe fortement le présent
  • tirer des leçons du passé
  • chercher toujours la bonne réponse
  • se connaître et utiliser la dynamique du risque et du stress pour progresser
  • faire preuve de souplesse
  • surfer sur une vague et se préparer à surfer sur les suivantes
  • éviter les conflits inutiles
  • privilégier les solutions élégantes
  • adopter les stratégies du désengagement de la carpe pour éviter les situations stériles
  • Inciter à la coopération en donnant 100% quand les autres coopèrent
  • Appliquer des représailles à 90% pour rappeler qui ils sont si les autres ne jouent pas le jeu
  • Pardonner promptement
  • Faire preuve de créativité pour repousser collectivement les frontières du bocal

Cette stratégie de coopération qui s'appuie sur le don et sur les représailles s'appelle la stratégie du Tac au tac. Elle seule permettrait "la Percée".

 

Aujourd'hui, et très spécifiquement pour les femmes, on parle de plafond de verre professionnel - l'image ne l'illustre que parfaitement, mais Starck a fait ce qu'il a pu. 

Seules certaines parviennent à le franchir, et ce souvent à l'aide d'un mentor en place qui ne peut être qu'un homme. On déplore souvent que le comportement de ces winneuses exploseuses de couvercle - ces pionnières qui s'aventurent dans un monde d'hommes créé pour des hommes de jadis - soit proche de celui des requins, spécifiquement vis-à-vis des autres femmes qui tentent de s'inscrire dans leur sillage. Aucune entraide ne se met véritablement en place pour déplacer les frontières.

Aucune ? Si. Car ce qui se dessine actuellement, ce ne sont pas seulement des réseaux de femmes "interdits aux hommes", mais surtout, des réseaux mixtes issus de génération Y, celle qui doit inventer d'autres formes de fonctionnement, et qui vont pouvoir profiter du départ de la génération 68, tandis que la génération intermédiaire, la mienne, celle qu'ils qualifient délicatement de "sacrifiée", se refuse à entrer véritablement dans le jeu. 

L'avenir serait dans cette stratégie du dauphin et dans l'application du "Tac au tac". Seule une coopération souple capable de manier aussi bien l'engagement complet que les représailles et le pardon immédiat, permettrait de pousser ensemble et de surélever progressivement le plafond de verre, jusqu'à, pourquoi pas, le faire disparaître. C'est valable pour le plafond de verre comme pour toute autre cause commune qui mériterait l'engagement individuel et collectif d'une partie de la population décidée à "faire bouger les lignes", histoire de reboucler sur une expression cliché de plus.

D'un aquarium à l'autre

D'un aquarium à l'autre

Et Bubulle dans tout ça ? 

Tout dépend de sa vision de l'avenir et de sa capacité à construire seul un projet qui lui permette de s'épanouir dans son nouvel environnement.

Peut-être cette expérience hors de sa zone de confort lui permettra-t-elle de devenir ce que Dudley Lynch et Paul L. Kordis appellent une "carpe pseudo éclairée", qui croit à l'abondance et à l'immensité du champ des possibles.

Je préfère l'appeler la carpe koï. La carpe koï prône le lâcher-prise, le renoncement et la confiance dans l'univers bienveillant qui pourvoira aux besoins de tous. "Méditation", "renoncement" et "résilience" sont ses maîtres mots. La Carpe Pseudo Éclairée considère que "le chemin est plus important que le résultat", elle "fait confiance au process" et veut "être dans le flux", alors même qu'il convient parfois de quitter le flux pour tracer avec d'autres son propre chemin.

 

Et vous, où vous situez-vous dans le bassin ? Dans quel coloriage pour enfant vous reconnaissez-vous le mieux ? Marin d'eau douce ou d'eau mer, en quel milieu naviguez-vous et comment repoussez-vous votre horizon ?

La question reste entière en cette période de prise de position électorale, où la stratégie de la carpe, fut-elle pseudo éclairée, montre pleinement ses limites.

À bientôt, dans un prochain article qui vous présentera la stratégie du dauphin comme un véritable outil décisionnel à part entière.

Cécile Dupire

Coach Professionnelle Certifiée, Accréditée ACC par l'ICF

Praticienne MBTI

www.ubiquites.fr - cecile.dupire@ubiquites.fr

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article